Aller au contenu

En guerre « cricri » dans mon appartement

Sifflet en titane, plus bruyant qu'un grillon

Vendredi 10 juillet, je me prépare tranquillement au week-end prolongé du 14 juillet.
Dans une chaleur quasiment tropicale.
Jusqu’à 47 °C sur le balcon, au plus fort du soleil, et 32 °C dans mon appartement.
Un ventilateur Rowenta de 40 cm s’époumone à pleine puissance.
Je suis tout ça avec ma « station météo » personnelle (Netatmo).
La nuit, fenêtres et grande baie vitrée ouvertes.
Mais rien n’y fait, la température extérieure ne descend pas sous les 28 °C.
Et pourtant, j’habite en hauteur.
Je souffre tranquillement, en regardant des courbes de températures.

16h00, je suis tranquille devant mon ordinateur qui dégage son quota de calories.
Et subitement, un bruit, puis un autre.
Une pause, et ça recommence !
Ça a l’air proche, mais difficile à localiser.
Et ça reprend, de manière presque continue.
Un son que j’identifie presque dès le premier instant, sidéré, incrédule.
Mais j’ai un doute : est-ce possible ?

Je cherche son origine, son épicentre.
Et je finis par situer la chose en hauteur, proche de la bouche VMC de la cuisine.
Je l’ouvre et la ferme, pour observer un éventuel changement.
Mais non, ce sifflement continue, encore et encore.Je mise alors sur un grand placard à côté, mais je ne repère rien.
Et finalement, j’en arrive à une déduction peu rassurante…
Ce bruit semble venir du plafond, et son émetteur est probablement coincé au-dessus du placo.
Je retourne à mon ordinateur et me dis que ça va bien s’arrêter.
Mais non, quand il y a des pauses, elles sont de courtes durées !
La nuit arrive, et ce son me suit, envahissant, obsédant.
Comme s’il se déplaçait, à mes trousses, pour me persécuter.
Le sommeil est de courte durée, et je vais passer une bonne partie de la nuit à échafauder un plan.
En attendant, je passe en mode « confirmation d’identification ».
Et je lance un analyseur de spectre sonore sur mon smartphone Samsung S24 Ultra.
Encore une courbe, magnifique, et qui danse à un rythme presque effréné.
Et j’obtiens comme une « signature », mais sonore.

Spectre sonore de mon grillon envahisseur

Avec une pointe à 5,9 kHz.
Mais c’est un son complexe.
J’en fais également plusieurs enregistrements, de chacun une minute.
Et j’envoie le tout, fichier sonore et spectre à ChatGPT.
Autant mettre une IA dans le coup !
On affine, on affine…
Et je lui lâche un mot… GRILLON !!!
Puis la réponse tombe : « Oui, très probablement ! »
Et, comme souvent, l’IA se lâche…
En m’expliquant que c’est forcément un mâle…
Qu’il « chante, pour appeler une ou plusieurs femelle(s) »
Mais que ça n’est pas un « chant », mais une « stridulation »
Et qu’il fait ça en frottant ensemble une membrane dentelée située à la base de ses ailes.

Me voilà un peu plus cultivé, mais pas vraiment avancé.
Je demande alors combien de temps ça vit…
Et quelles sont les possibilités pour que la bestiole s’en aille ?…
Réponse façon IA : « Ça peut durer longtemps, jusqu’à plusieurs semaines ! »
Et, oui, il peut partir comme il est arrivé, mais rien n’est certain.

Ma première nuit avec cette compagnie comptera 3h53 de sommeil, en plusieurs phases…
Le lendemain matin, vers 8h00, l’animal se tait.
Et la journée passe, avec comme seul bruit le souffle du ventilateur.
Je suis inquiet, mais j’espère…
Mais vers 19h00, il recommence…
Quelques petits cris, pour amorcer, et ensuite de manière continue.
En randonnée, en pleine nature, je trouve ça sympa, mais là…
Et il semble être pile au-dessus de mon bureau !
Je lance un nouvel enregistrement ainsi qu’une analyse spectrale.
Mais c’est bien le même ténor.

La nuit est tombée.
Et je baigne dans une ambiance sonore pour le moins stressante.
Et en plus, il veut organiser une partouze chez moi !!!

Je tente de dormir, mais le sagouin me poursuit.
En pleine nuit, je me retrouve à nouveau devant l’ordinateur.
Et je rédige un mail au gestionnaire d’immeuble.
Pour lui expliquer un truc improbable.
Qu’un grillon doit être coincé entre mon appartement et celui de ma voisine du dessus !
Et je demande d’envisager une intervention, voire la destruction de l’immeuble.
Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1h51, je clique sur « Envoyer » !
J’envisage aussi d’appeler la police pour tapage nocturne.
Mais je me prépare pour un avenir un peu angoissant, au chant du… grillon !

À 2h00, avec pour seul éclairage celui de mes deux moniteurs, je remarque quelque chose…
Sous la baie vitrée, à ma gauche, je vois comme une petite chose noire cavaler sur la plinthe !
Stupéfait, je me lève pour aller chercher une chaussure pour lui taper dessus.
De retour avec mon arme, je ne vois plus l’insecte.
Je me dis alors qu’il a dû monter de huit centimètres pour sortir par la baie vitrée…
Pour aller sur le balcon avant de sauter dans le vide, pris de regrets.
Je me dois cependant de réviser mon analyse/diagnostic…
Non, la bête n’était pas dans le plénum/vide de plafond, mais bel et bien dans mon appartement !
Comme quoi l’acoustique joue des tours, surtout avec un tel émetteur.
Et dire que je viens d’envoyer un mail pour demander une intervention… technique !

Je retourne me coucher, presque serein.
Mais la sérénité sera de courte durée, le « chant » reprend !!!

Là, je passe en mode « chasseur »…
Torche LED puissante à la main…
À chercher une petite bestiole noire.
Et j’essaye de repérer l’endroit d’où elle stridule maintenant.
Ça semble venir du réfrigérateur/congélateur, un mastodonte à froid ventilé de presque deux mètres de haut.
Le son provient davantage du dessous, mais mon faisceau lumineux ne met aucun grillon en valeur.
Je remets ChatGPT dans le coup, et l’IA me déconseille de déplacer le frigo en pleine nuit.
En ajoutant qu’il s’est peut-être réfugié près du compresseur, un endroit encore plus « chaud ».
Et qu’il serait judicieux d’attendre le matin, quand il sera moins agité et mobile…
Me voilà donc reparti pour une nouvelle « nuit » de stress, et pour un « sommeil » qui sera tout sauf profond.
Je ne sais ce qui m’occupe le plus : le son que j’amplifie maintenant inconsciemment, ou le « plan » que j’échafaude pour la suite ?

Dès 6h00 du matin, je suis sur le pied de guerre, au rythme du chant du grillon.
Je vais dans une annexe chercher des outils…
Je ramène un marteau.
Et aussi une pince coupante !
La marque ? Dexter !!!
Du Leroy-Merlin, mais aussi un célèbre serial killer de série télévisée !

Mais je me dis que je suis en train de sombrer doucement dans la folie.
Et pourquoi pas l’une de mes trois perceuses ?
Dommage, c’est un dimanche, sinon j’aurais pu aller louer une pelleteuse.

Je repars alors en mode « traque sonore »…
Pour finalement arriver devant… l’évier !
J’ouvre les portes du meuble en dessous, et bingo… il doit être derrière !!!
Sauf qu’il n’est pas démontable, et qu’une paroi en bois m’empêche de le voir.
Je me dis alors que c’est le moment ou jamais.
Et ça tombe bien, dans ce meuble, il y a, devinez quoi ?…
Une magnifique bombe d’insecticide !!!

Incrédule, je sors l’objet.
Je lis « Raid Max » + « Multi-insectes » + « Action rapide » + « Élimine aussi les punaises »
Ça n’est pas une punaise, ça n’est pas indiqué « grillons », mais je tiens probablement l’arme ultime.
Sans trop réfléchir, la tête dans le placard, au jugé, derrière la plaque en bois, je pulvérise un peu partout vers le sol.
Et je referme les portes avec un rire presque sadique.

Insecticide Raid max "multi-insectes"

Bon, déjà, j’ai obtenu le silence.
Mais, d’un autre côté, ça n’est plus son heure.
Même dans la nature, il serait calme et ne draguerait pas.
Je me dis que la « guerre » est peut-être gagnée…
Et, qu’à défaut de faire intervenir Dexter, j’ai eu recours au… RAID (mode commando) !

Les heures passent, et plus rien.
Un silence, finalement… angoissant !
Est-ce possible ? Serais-je venu à bout d’un… grillon ?!

Presque serein, je savoure ma tranquillité retrouvée.
Mais, à 16h00, trois petits cris !!!
Trois stridulations distinctes, mais un peu… timides !
Apparemment, ça provient toujours de dessous l’évier.
Me voilà à nouveau en mode pulvérisateur !…
À se demander, rien qu’à l’odeur, si je ne risque pas plus que le grillon.

Les heures passent…
La nuit tombe…
Je tente un roupillon…
Et ce matin, lundi 13 juillet, je peux annoncer la fin de cette aventure.

Couic !!!
C’est triste, mais je ne voyais pas d’autre solution, sauf déménager et lui laisser l’appartement.
J’avoue cependant quelques regrets, voire de la tristesse.
Un malheureux grillon en quête de femelle(s) s’est éteint dans mon appartement.
Et je pourrais presque en faire un… livre !

Visuel : « Mieux — ou pire — que des stridulations ? »

© PF/Grinçant.com (2026)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *