« Grinçant »… Un nom dont j’étais fier, mais, finalement, à double tranchant.
Presque une obligation, de « grincer », d’avoir un ton grinçant, si possible au sens noble du terme.
C’est le nom de ce blog, et, Internet et noms de domaines obligent, j’ai presque dû faire mon deuil de la cédille.
Blog « français » ? Non, plutôt en langue française. Donc en .fr ? Non, j’ai privilégié le .com pour faire plus mondial, plus universel, moins franchouillard.
Notre belle langue se perd ? Heureusement, de « francophone », il n’y a pas que la France.
« Grinçant » ? Pas si facile à porter !
Il râle ?! Il peste ?! Il critique ?! Rien ne va, ou presque ?!
Le « taulier » (PF) a un avis sur presque tout ? Et alors ? Mieux vaut avoir des choses à dire, non ?
Des abruti(e)s — oui, ça peut prendre le féminin, et aussi et surtout le pluriel — m’ont même parfois renommé « Grincheux ».
Voilà ce que c’est que ne pas vouloir — voire ne pas savoir — lire, et encore moins comprendre.
Avril 2012, bigre, plus de quatorze ans que la bête est née !
Avec des hauts, avec des bas.
Avec de l’élan, de l’énergie, parfois, souvent.
Mais aussi avec de l’épuisement, de la lassitude, parfois, souvent.
Et des coups à prendre, encore et encore, parfois extrêmement bas et vicieux.
Dans une société qui rend un tel exercice dangereux, voire suicidaire.
Et des inimitiés, et même de la haine, envers quelqu’un qui « dérange ».
Quel inconfort que d’être sorti de sa zone de confort !
Sans parler de la difficulté à « lire », et si possible entre les mots.
Un blog, c’est aussi une identité visuelle.
Et, d’emblée, il a fallu que je me creuse la tête.
Que mettre sur le bandeau, la première chose que l’on voit ?
Un bandeau qui doit être expressif, identifiable, représentatif du contenu, du style, et des thématiques.
Au début, j’ai « erré », entre le casque de chantier, et la nappe d’huile.
Comment représenter visuellement ce qui doit être « grinçant » ?
J’ai cherché du rouillé, du grippé, voire l’inverse, style flacon de WD40.
Et finalement, je suis allé un peu plus loin.
Des câbles, des ridoirs ? Des crissements, des tensions, de la force.
Écoutez bien, à proximité, ça travaille, ça résiste, ça fait du bruit, et c’est même « puissant ».
Le 5 mars 2015, je me suis arrêté sur la thématique du cordage/câble.
En fait, un détail d’une photo — prise le 11 février 2015 — du gréement d’une vieille péniche hollandaise.
De quoi l’aider à naviguer, ou la retenir à quai, sur le canal Ile et Rance.
Ou pour franchir les onze écluses de Hédé.
Un bandeau, on s’y fait.
En le voyant, je savais que j’y étais, sur MON blog.
Et l’internaute, sans identifier forcément, sans « savoir », s’y retrouvait, pouvait embarquer…
— Visuellement, je suis bien sur « Grinçant », et voyons s’il y a un nouveau billet…
De quoi s’agiter un peu les neurones.
Avant de repartir avec un air plus ou moins dubitatif, ou songeur.
Une péniche, des écluses ? On peut s’abaisser comme s’élever, mais on… navigue !
Certes lentement, mais l’essentiel est d’avancer, même s‘il faut parfois se reposer.
Dernier billet ici, 30 septembre 2025.
« Vais-pouvoir remplir tous ces tubes ? »
Du lourd ! Enfin, pour moi, surtout.
Il m’a même permis de recevoir une friandise, un cadeau.
De ce qui se fait presque de pire chez l’humain.
Un mail presque anonyme.
Avec une phrase…
« Ça fait 10 ans que je n’ai pas lu ce blog et c’est toujours autant de la merde. »

Ah oui, et pourquoi revenir ? Pourquoi fournir un tel effort intellectuel ?
Et surtout sur un billet/article aussi sensible ?
2012-2026… 1 444 billets/articles, et 18 917 commentaires.
Un « patrimoine », et pas seulement pour la péniche du bandeau.
Aussi une épine dans le pied.
Des emmerdements, des frais, de la technique.
Du « patrimoine », certes, mais pourquoi ne pas tout raser ?
Un serveur éteint ou résilié, un dossier effacé, quelques factures impayées : facile et radical !
Mais je n’ai jamais pu m’y résoudre.
Juillet 2026, le blog est toujours là, en ligne, même si cela peut sembler anachronique.
Et j’ai toujours une envie, qui me démange : celle de m’y recoller.
Au moins comme exutoire.
Oui, tout fonctionne encore, et j’ai tout fait pour, discrètement.
Le gréement de la péniche était toujours là.
Avec du « contenu » : des milliers de photos, et surtout plus de 700 000 mots !
Et hier, j’ai décidé de me coller à un nouveau « chantier »…
Devinez lequel ?
Changer le bandeau !!!
Et me voilà replongé dans une question presque existentielle.
Comment représenter « Grinçant » ?
Et finalement, j’ai trouvé !
Vous avez sous les yeux, tout en haut, sur chaque page, mon nouveau « bandeau ».
Un détail d’une photo que j’ai prise le 12 avril 2026, au cours d’une randonnée.
Un « sujet » auquel il fallait penser, bourré d’histoire, de symbolique.
Et qui travaille encore, en vibrant, depuis 1555, au rythme du vent.
Et en espérant que, comme lui, j’aurai encore du grain à moudre…
Et pour longtemps !
— Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui semble des bras sont les ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin.
Miguel de Cervantès Saavedra (1547-1616) — Don Quichotte (1605)
Visuel : « Noble mécanique qui ne brasse pas du vent. »
© PF/Grinçant.com (2026)


